Robert Redford Best 2024 movie highlights

 

Editorial director of Paris Match, Olivier Royant passed away on December 31, 2020. In order to pay tribute to him, we invite you to rediscover the interviews and reports that marked his career.

 

AdvertisementIn 1990, Olivier Royant met Robert Redford to discuss his environmental commitment with the American actor. The star of the anti-western Jeremiah Johnson retraced his twenty years of crusade for the environment for Match. A subject that was also particularly close to our reporter’s heart…Here is the interview of Robert Redford by Olivier Royant, as published in Paris Match in 1990.More after this adParis Match n°2138, May 17, 1990Robert Redford: “I’m an environmentalist first, but I want to return to my acting career”Interview with Olivier RoyantFor twenty years, he has lived in the Rockies and devotes two thirds of his time to environmental protection. Exclusively, the star, who fled Hollywood, reveals to “Paris Match” how she now intends to lead her fight.More after this ad

Paris Match. Qu’est-ce qui, il y a vingt ans, vous a poussé à vous engager tout entier dans cette croisade pour l’environnement ?

Robert Redford. Peut-être le fait d’avoir grandi à Los Angeles, dans une des plus grandes agglomérations au monde, entouré par des parkings et ces autoroutes immenses. Pendant mon enfance, le cadre naturel était magnifique. Et, tout d’un coup, le développement est devenu incontrôlé, la fièvre de l’argent était telle que nul ne se souciait des conséquences futures sur l’environnement. L’important était d’attirer les dollars ! La ville a perdu sa vertue. Je l’ai quittée pour partir à la découverte du désert et des Montagnes Rocheuses. C’est là que j’ai réalisé à quel point il était vital de préserver nos ressources naturelles.

 

Comment avez-vous découvert ce canyon dans les montagnes de l’Utah où vous habitez depuis vingt ans ?

Je me suis marié dans la région. Un jour en chassant -je ne chasse plus aujourd’hui- j’ai découvert par hasard cet endroit ou pied des montagnes. Ce fut une révélation, presque un coup de foudre ! Je me suis dit : “C’est là que je veux habiter le reste de ma vie.” Entre deux films à New York ou Los Angeles, je savais que ce serait l’endroit idéal pour se ressourcer et équilibrer ma vie. Je suis devenu prêt à tout pour le protéger. J’ai découvert la stupidité des bureaucrates chargés de contrôler l’environnement dans la région, leur ignorance m’exaspérait. C’est la colère et la révolte qui m’ont poussé à m’engager dans cette croisade.

 

Vous êtes riche et célèbre. En vous voyant construire de vos propres mains une maison en bois, vous a-t-on pris au sérieux dans la région ?

Quand je suis arrivé, j’étais juste un acteur débutant, qui essayait de joindre les deux bouts. Dans cette région, dominée par les Mormons, on me prenait pour un doux rêveur. C’est quand le succès est venu, et que j’ai commencé à m’en prendre aux institutions locales, que les choses ont changé. On a pensé que mes idées pour l’environnement n’étaient qu’un caprice de star privilégiée et que mon engagement n’était pas très sérieux. Les gens murmuraient dans mon dos : “Qu’est-ce qu’un acteur peut bien comprendre à l’écologie ?

 

Qu’est-ce qui a véritablement déclenché votre révolte ?

Un matin, en me promenant, j’ai découvert, en bas de chez moi, des bulldozers qui avaient été acheminés pour tracer une autoroute à six voies à travers le canyon. Un désastre sans nom pour l’écologie de la région. Le projet était né dans les bureaux du Département des autoroutes. La seule justification était qu’ils avaient de l’argent à dépenser, alors il fallait bien tracer une autoroute quelque part…

 

Le projet fut rapidement abandonné et vous êtes devenu alors le plus célèbre écologiste américain.

Pendant une dizaine d’années, entre 1969 et 1979, je me suis cantonné à un rôle de porte-parole. J’ai consacré de nombreux films à la défense de l’environnement. J’ai adopté des positions très radicales sur la pollution atmosphérique. Je parlais haut et fort. On considère souvent les acteurs comme des gens irresponsables et inconséquents, ignorant la réalité des problèmes. Je souffrais en permanence de ce préjugé. Chaque prise de position était suivie d’un tel tollé chez mes adversaires qu’elle avait, finalement, un effet négatif. Quand, à Kaiparowits, au sud de l’Utah, nous avons obtenu l’abandon d’un projet de centrale électrique au charbon, catastrophique pour l’environnement, on a pendu mon effigie en place publique parce qu’on me rendait responsable de la perte d’emplois.

 

Ce jour-là, votre apparition sur un programme de télévision a pesé plus lourd que des centaines de manifestations.

C’est vrai. C’est la télévision qui a tout fait. C’est alors que j’ai décidé d’œuvrer en coulisse, en créant l’Institute for Resource Management. Une organisation chargée de promouvoir l’éducation sur les problèmes d’environnement.

 

Quel est le principe de cette organisation ?

Dès 1980, j’ai compris que les années Reagan seraient la plus grande catastrophe naturelle depuis la révolution industrielle. L’idée était de convaincre les patrons des grandes entreprises américaines et les associations écologistes de se retrouver autour d’une même table pour dialoguer. les entreprises ne pensaient qu’au profit. Les écologistes pensaient, eux, avoir le monopole de l’environnement. Leurs deux approches étaient fausses. Nous vivons une époque où les questions complexes ne peuvent pas être résolues avec des slogans.

 

Robert Redford on the set of Sidney Pollack’s The Electric Horseman in Utah in March 1979.

Robert Redford sur le tournage du film Le Cavalier électrique (The Electric Horseman) de Sidney Pollack, dans l’Utah, en mars 1979. © Anwar Hussein / Getty Images

Rêvasser au bord d’une piscine de Beverly Hills, ce n’est pas mon genre : je suis un passionné

 

Vous avez exigé que les grandes firmes américaines envoient spécialement leurs patrons. Comment êtes-vous parvenu à les convaincre de venir?

C’est sans doute le privilège de la célébrité. Certains ont fait le voyage par curiosité, d’autres parce qu’ils voulaient en savoir plus sur les moyens de protéger l’environnement tout en préservant la rentabilité de leurs entreprises.

 

Les premières réunions ont dû être “sanglantes” ?

C’était très intense ! Les uns et les autres avaient eu l’habitude, auparavant, de ne se faire face que dans les salles de bureaux. Les participants se sont tous assis autour d’une table ronde, sans aucune forme de protocole et la discussion a commencé. J’arbitrais le débat, essayant de faire tampon entre ces ennemis héréditaires. Et, miraculeusement, ils ont fini par dialoguer !

 

Cette approche des problèmes par le dialogue a-t-elle abouti à des résultats tangibles ?

Écologistes et industriels sont parvenus à un compromis sur l’exploitation du pétrole en mer de Bering, en Alaska. Au terme de cet accord, les pétroliers autorisaient pour la première fois les écologistes à monter à bord des tankers pour surveiller le transport du brut. Quand nous avons porté cet accord à Washington, en 1986, on nous a poliment remerciés avant d’enfermer le dossier au fond d’un tiroir. Trois ans plus tard, c’était la catastrophe de l’Exxon Valdez. Une marée noire aurait pu être évitée si on avait suivi nos recommandations.

 

Quelle part de votre temps consacrez-vous à l’écologie ?

Depuis vingt ans, entre 60 et 70% de mon temps. En 1987, il m’a fallu quinze mois entiers pour mettre sur pied, dans l’Utah, une conférence americano-soviétique sur l’effet de serre et le réchauffement de la Terre. Il m’est arrivé de ne pas tourner pendant deux ans, parce que j’étais totalement accaparé par l’environnement. Une grande partie de notre mission consistait à alerter l’opinion. Aujourd’hui que le message est passé et que l’environnement est sur toutes les lèvres, je veux confier à d’autres le soin de poursuivre ce que nous avons entrepris. Je veux retourner totalement à ma carrière d’acteur.

 

Vous arrive-t-il parfois de regretter de vous être livré à fond dans ce combat, alors que vous auriez pu mener l’existence dorée et insouciante d’autres grandes stars du cinéma?

C’est vrai, j’ai investi beaucoup de moi-même et, parfois, il m’arrive de me demander pourquoi faut-il que je me batte contre mon propre gouvernement, contre les industries de mon pays, quand je pourrais être en train de rêvasser au bord d’une piscine dans une villa de Beverly Hills. Mais rapidement je me rends compte que c’est dans ma nature et que je n’ai pas le choix. Il me faut agir en suivant ma passion.

 

Mais, vous le dites vous-même, le débat écologique des années 90 aura lieu sur le terrain politique.

Oui, l’environnement relève aujourd’hui de la “sécurité nationale”, comme notre politique de défense. Il faut y songer en termes d’espace vital. Malheureusement, aux Etats-Unis, la politique est à présent le fait d’hommes “coincés” et souvent médiocres. La vraie réponse viendra des citoyens.

 

Is there still a politician capable, in your opinion, of taking up the enormous challenge of the environment?

I would like it to be someone who has not spent his life counting votes! Someone who is interested in something other than politics and his mandates: a human

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